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Brundibár KRÁSA Opéra

Du 16 au 20 février 2015

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Présentation

Affiche Brundibár

Distribution

Brundibár
Opéra pour enfants en deux actes
Créé dans les bâtiments de la caserne Magdeburg à Terezín, le 23 septembre 1943

LIVRET Adolf Hoffmeister
MUSIQUE Hans Krása

MAITRISE DE DIJON

DIRECTION MUSICALE Étienne Meyer
MISE EN SCÈNE Christian Duchange
SCENOGRAPHIE Fabrizio Montecchi (pour Teatro Gioco Vita)
DESSINS ET REALISATION DES SILHOUETTES Nicoletta Garioni (pour Teatro Gioco Vita)
COSTUMES Nathalie Martella
LUMIERES Cesare Lavezzoli
ASSISTANAT A LA MISE EN SCENE Eleonora Ribis
PIANISTE REPETITRICE Camille Herreillat

PEPIČEK Grégoire Labadie
ANINKA, SA SOEUR Alienor Lefèvre
LE VIEUX BRUNDIBÁR Marin Meyer
L’OISEAU Maryna Plumet (Masque), Angèle‐Rose Cattet, Beatrice Sabatier, Agathe Cousin
LE CHAT Marie Guigon (Masque), Emma Zenasni-Cor, Cannelle Bret-Legrand, Oriane Cabrita
LE CHIEN Hazor Axelle Blanchet (Masque), Walter Siefert, Maxence Valet, Mathea Mierdl
LE POLICIER Matis Médard, Miran Akkus
LE LAITIER Camilia Benjfine
LE VENDEUR DE GLACES Louise-Marie Naudet
LE BOULANGER Clémence Grenier
FENETRES, ECOLIERS Salomé Outtrabady, Laura Bouysses, Viviane Blondeau

VIOLONS Vit Nermut | Petr Vyoral | Michaela Vyoralova | Jana Novakova Vonaškova
VIOLONCELLE Jana Matějkova
CONTREBASSE Jan Kořinek
FLÛTE | FLÛTE PICCOLO Robert Fischmann
CLARINETTE Michal Zpěvak
TROMPETTE Štěpanka Balcarova
PERCUSSIONS Mikhail Pashaiev
GUITARE Antonin Dlapa
PIANO Sergey Perepeliatnyk
ACCORDÉON Jana Bezpalcova

REALISATION DES DÉCORS Opéra de Dijon, Teatro Gioco Vita & SARL CM Scop

PRODUCTION Opéra de Dijon
EN PARTENARIAT avec La Minoterie
DANS LE CADRE du festival à pas contes & de La Belle Saison

Pepiček et Aninka marchent main dans la main pour aller chercher du lait. Leur mère est malade, ils sont inquiets pour elle. Dans la rue animée, on retrouve le glacier, le boulanger et le laitier. Pepiček et Aninka veulent acheter du lait pour leur mère, mais ils n’ont pas un sou en poche. Ils ne peuvent rien lui acheter. Ils aperçoivent Brundibár, qui récolte de l’argent dans la rue en chantant. Ils décident de chanter aussi, mais personne ne les entend, car Brundibár fait bien trop de vacarme. A leur tour, ils font de plus en plus de bruit, pour chanter aussi fort que Brundibár, mais tous se moquent d’eux et les chassent. Seul règne le malveillant musicien Brundibár. A la tombée de la nuit, les deux enfants, démunis, cherchent un moyen de surpasser Brundibár. Ils ont l’idée de trouver d’autres enfants pour chanter avec eux. Le moineau, le chat et le chien décident de les aider à aller chercher les enfants des alentours et à vaincre Brundibár. La cloche de l’école sonne, Brundibár est à sa place. Le chien aboie, le chat miaule, Brundibár les frappe et continue de chanter. Tous les écoliers se sont rassemblés et commencent à chanter. Brundibár n’arrive pas à couvrir leur voix et les passants donnent de l’argent au choeur d’enfants. Brundibár vole l’argent, les enfants le rattrapent, récupèrent l’argent et le laissent s’enfuir. Les enfants chantent une dernière chanson.

Entretiens

Christian DUCHANGE Metteur en scène

Est-ce complique de mettre en scène des enfants ?

Non, c’est le même travail que pour des chanteurs professionnels. Il faut faire attention à ce que les enfants ne s’ennuient pas de ne pas bouger ! C’est plus difficile de mettre en scène des enfants car il faut refaire plusieurs fois la même scène et être rigoureux et précis.

Quelle place avez-vous donné aux musiciens ?

J’ai voulu faire communier adultes et enfants ; ils arrivent tous ensemble mais après les enfants prennent le rôle des adultes. Ceux-ci les accompagnent avec les instruments, mais sans couvrir le chant ! A l’époque ou l’opéra a ete crée, en 1940, les adultes ne chantaient pas et étaient remplacés par des enfants. Quel a été le parti pris de la scénographie ? Il y a dix rôles joues par plusieurs personnes ; par exemple, le chien est interprété par quatre personnes différentes. Certains rôles se font avec une marionnette afin de faciliter le travail de chant.

Étienne MEYER Directeur musical

Comment les élèves chanteurs ont-ils été choisis ?

J’ai organisé, avec l’équipe de l’Opéra de Dijon, des auditions. Tous les élèves participants ont été retenus. C’est ensuite, avec l’équipe artistique et la direction de l’Opéra, que la distribution des rôles a été effectuée.

Depuis quand préparez-vous le projet ?

Le projet a commencé à être préparé en décembre 2013. Les étapes ont été les suivantes : tout d’abord le recrutement des musiciens et des chanteurs, le travail préparatoire a l’oeuvre, la mise en oeuvre de la production avec les répétitions piano puis avec l’orchestre et enfin la représentation de l’opéra.

Comment s’est fait le travail avec les musiciens ?

Les premiers contacts ont été pris par mails. Ce sont des musiciens tchèques qui ne parlent pas français. Ils arrivent une semaine avant la représentation. Il va y avoir un premier moment où je travaille avec eux sans les chanteurs, puis avec les chanteurs et enfin, en dernier lieu, nous faisons les répétitions avec la mise en scène.

Enfants chanteurs

Comment se sont déroulées les répétitions au collège ?

Les répétitions se sont très bien déroulées. Étienne Meyer nous a fait travailler le chant et Christian Duchange la mise en scène. L’ambiance était bonne car on s’amuse en apprenant ! Le travail de mise en scène nous aide à nous mettre à l’aise et à occuper la scène.

Pour le choeur, comment faire pour jouer le même rôle à plusieurs voix ?

Nous répétons comme un seul choeur. Chaque chanteur répète seul pour s’entrainer, puis avec ses partenaires.

Aninka, Pepiček, vous avez les rôles principaux. Comment faire pour apprendre une partition aussi conséquente ?

Nous nous entrainons avec Étienne Meyer, à la Maîtrise, sur la mélodie. Pour les paroles, nous apprenons d’abord le texte en français pour le comprendre et ensuite nous le traduisons en tchèque. On l’apprend petit morceau par petit morceau.

Est-ce complique de chanter en tchèque ?

Oui, car quand nous sommes deux personnes sur la même voix et qu’il y en a une qui se trompe, cela fausse tout ! De plus, la prononciation est difficile du fait de la rareté des voyelles.

Propos recueillis par les élèves de la Maîtrise de Dijon

À propos de l’œuvre

Stephen Sazio, dramaturge de l’Opéra de Dijon

« Tout droit de reproduction interdit sans autorisation »

L’orphelinat de la rue de Belgique

La création et les premières représentations de l’opéra pour enfants Brundibár, du compositeur tchèque Hans Krása, eurent lieu dans un contexte historique qu’il est important de rappeler. Hans Krása compose son opéra en 1938, sur un livret de son ami l’écrivain Adolf Hoffmeister, pour le présenter de manière anonyme à un concours organisé par le Ministère de L’Éducation et de la Culture Tchécoslovaque. Ce concours n’eut jamais lieu. A la fin de cette même année 1938, les Accords de Munich privaient la Tchécoslovaquie d’une grande partie de son territoire, et en mars de l’année suivante, le pays passé sous domination nazie était scindé en deux entités : une Slovaquie indépendante dirigée par le régime clérico-fascisant de Jozef Tiso, et un Protectorat de Bohême-Moravie sous juridiction allemande. Comme bientôt dans le reste de l’Europe occupée, la situation des Tchèques de confession juive, dont Krása faisait parti, se dégrada dès lors très rapidement : port de l’Etoile jaune obligatoire, réduction des rations alimentaires, liberté de circulation limitée, interdiction de participer à des manifestations culturelles ou sportives, interdiction de travail dans de multiples secteurs, déscolarisation forcée. Cependant, à Prague en particulier, une vie culturelle clandestine commence à s’organiser rapidement. Bannis de la vie culturelle professionnelle, artistes et anonymes juifs résistent à cette tentative d’acculturation en organisant chez des particuliers conférences, concerts, et représentations théâtrales. On y arrive un par un, pour ne pas éveiller les soupçons, et pour ne pas risquer d’enfreindre le couvre-feu, on dort sur place, avant de ressortir, un par un, au petit matin. Un des lieux privilégiés de ces réunions culturelles clandestines était l’orphelinat juif de Prague situé rue de Belgique, dans le quartier de Vinohrady. Son directeur, un mélomane passionné et chanteur amateur, Rudolf Freudenfeld, entreprit ainsi avec les adolescents de son orphelinat des représentations de Nous construisons une ville de Paul Hindemith ou du Gros grand-père, les voleurs et le détective du compositeur tchèque Jaroslav Křička. En juillet 1941, pour son cinquantième anniversaire, se trouvèrent réunis autour de lui le chef d’orchestre Rafael Schächter, Hans Krása et l’ancien directeur de la scène du Théâtre National, František Zelenka. Ils convinrent ensemble, puisque l’oeuvre n’avait encore jamais été représentée, de préparer la création de Brundibár dès les semaines suivantes. Rafael Schächter, qui devait diriger les représentations, commença un travail de répétitions hebdomadaires avec les pensionnaires de l’orphelinat, qui s’interrompit en novembre 1941. Le 27, Schächter faisait parti du premier convoi en partance pour le camp de Terezín. C’est donc le fils de Freudenfels, Rudolf junior, qui prit en charge la suite du travail musical. František Zelenka se chargea du décor, qui consistait en une palissade sur laquelle trois affiches représentant un chat, un chien et une fauvette étaient collées. Une ouverture circulaire dans chacune d’entre elles permettait à un chanteur d’y glisser sa tête. La première représentation — la partition d’orchestre ayant été perdue, la réduction pour piano est adaptée pour piano, violon et percussions — eut lieu dans la salle à manger de l’orphelinat, au cours de l’hiver 1942-1943, alors que Zelenka et Krása avaient à leur tour été déportés vers Terezín.

Le camp de Terezín (Theresienstadt)

En juin 1940, la Gestapo prend le contrôle de la ville de garnison fortifiée de Terezín (Theresienstadt), fondée à la fin du XVIIIe siècle par l’empereur Joseph II pour sécuriser la frontière avec la Prusse. C’est d’abord la Kleine Festung (Petite Forteresse), située en dehors des remparts, qui est utilisée comme prison pour les opposants. En octobre 1941, la ville elle-même est évacuée, et transformée en camp-ghetto pour les juifs tchèques. Le 20 janvier 1942 , lors de la Conférence de Wannsee à Berlin, qui planifie l’extermination des juifs d’Europe, le double statut du camps de  Terezín est défini : camp de transit pour les juifs tchèques en attendant leur déportation vers les camps d’extermination de l’Est (Sobibor, Treblinka et Auschwitz en particulier), d’une part, et d’autre part, ghetto pour les juifs du Reich âges de plus de 65 ans et les Prominenten, c’est-à-dire les juifs dont la notoriété rendrait suspecte la disparition brutale. Le camp est officiellement « auto-géré »., un conseil de détenus étant charge d’y organiser la vie commune, sous commandement des nazis.

Bien que n’étant pas un camp d’extermination et d’exploitation systématique de la force de travail, les conditions de survie à Terezín sont particulièrement éprouvantes. Dans une ville conçue pour accueillir 7 000 habitants, jusqu’à 50 000 personnes vont s’entasser. Les détenus y sont logés dans des baraquements sommaires, par catégories — hommes, femmes, enfants. Les familles sont ainsi séparées dès leur arrivée, et les effets personnels strictement contingents. La malnutrition, les mauvaises conditions d’hygiène et la maladie font des ravages. Sur la seule année 1942, on estime à 16 000 le nombre de décès. Entre 1941 et 1945, 140 000 personnes transiteront par le camp, dont 33 000 meurent sur place et 80 000 sont déportées vers les camps de l’Est. Sur les 15 000 enfants passés par le camp, à peine 1 100 survécurent.

Parmi les premiers convois qui arrivent en novembre 1941 se trouvaient déjà de nombreux artistes — avec parmi eux le chef Rafael Schächter, puis František Zelenka et Hans Krása —, qui vont dans un premier temps poursuivre la vie musicale qu’ils avaient mise en place à Prague, proposant aux autres détenus des soirées musicales. Cette activité, d’abord clandestine, se voit progressivement autorisée, puis étrangement encouragée par les nazis, qui y voient peut-être un moyen d’éviter des mouvements de révolte. En 1942 se trouve ainsi officialisée la Freizeitgestaltung (Organisation des Loisirs), qui prend en charge l’organisation de la vie culturelle du camp, soumise à la censure. Cette vie culturelle, dans de telles conditions de vie et de détention, reste pour les historiens extrêmement difficile à cerner et à évaluer, et ne cesse bien sûr de poser question. Au gré des arrivées et des départs de déportés, en fonction des instruments et des musiciens disponibles, ce sont non seulement des concerts de musique de chambre, mais également des concerts de musique symphonique — un orchestre est tant bien que mal constitué sous la férule de Karel Ančerl — que des représentations d’opéra — au seul piano cependant, et avec des moyens scénographiques sommaires — qui ont lieu plusieurs fois par mois. Les capacités musicales de chacun sont mises à contributions. Les quelques témoignages de survivants qui nous sont parvenus disent à quel point cette activité culturelle fut essentielle pour qu’ils puissent rester, à leurs propres yeux, des êtres humains.

Brundibár à Terezín

En juillet 1943, l’ensemble de l’Orphelinat Juif de Prague est déporté à Terezín. S’y trouvent ainsi réunis tous ceux qui avaient pris part à l’élaboration et aux représentations de Brundibár. Sous l’égide de la Feizeitgestaltung, de nouvelles représentations sont mises en chantier. Les répétitions ont lieu dans le grenier du Bloc L 417, et la « première » se déroule le 23 septembre 1943 dans la caserne « Magdeburg ». Hans Krása écrivit une nouvelle version orchestrée en fonction des effectifs à sa disposition dans le camp, pour treize instruments : flûte, clarinette, trompette, guitare, accordéon, piano, percussion, quatre violons, violoncelle et contrebasse. Les représentations de Brundibár furent un des événements majeurs de la vie culturelle du camp. On estime à 55 le nombre de représentations qui eurent lieu à Terezín. Une de celles-ci eut lieu dans des circonstances particulièrement ambiguës. En 1943, 500 juifs danois sont déportés à Terezín. Le gouvernement du Danemark — resté en place pendant l’occupation du pays — obtient des autorités nazies qu’une visite de délègués de la Croix-Rouge puisse avoir lieu dans le camp en juin 1944. Les nazis organisent alors une vaste opération de propagande : pour masquer la surpopulation, un grand nombre de juifs du camp sont déportés vers Auschwitz ; les rues où doit passer la délégation sont refaites — par les détenus eux-mêmes — et de fausses façades de cafés et de commerces sont installées ; de même, les baraquements qui doivent être visités sont réaménagés ; enfin, une représentation de Brundibár est organisée, non plus dans l’étroite caserne Magdeburg, mais au gymnase qui se situe à l’extérieur des fortifications. La délégation du CICR est totalement dupe de l’opération. Dans les mois qui suivront, la quasi-totalité de ceux qui avaient participé aux représentations de Brundibár, de même que Hans Krása, sont déportés vers Auschwitz, où ils sont pour la plupart gazés dès leur arrivée. 

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