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Carmen Bizet Opéra

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Présentation

Distribution

CRÉÉ à l’Opéra-Comique, Paris, le 3 mars 1875
SPECTACLE EN FRANÇAIS SURTITRÉ
NOUVELLE PRODUCTION DE L’OPÉRA DE DIJON

MUSIQUE Georges Bizet
LIVRET Henri Meilhac et Ludovic Halévy

ORCHESTRE DIJON BOURGOGNE
CHŒUR DE L’OPÉRA DE DIJON
MAÎTRISE DE DIJON
DIRECTION MUSICALE Adrien Perruchon
CHEF DE CHANT Nicolas Chesneau

MISE EN SCÈNE Florentine Klepper
DÉCORS Martina Segna
COSTUMES Adriane Westerbarkey
LUMIÈRES Bernd Purkrabek
CRÉATION VIDÉO Heta Multanen

CARMEN Antoinette Dennefeld
DON JOSÉ Georgy Vasiliev
ESCAMILLO David Bizic
MICAELA Elena Galitskaya
FRASQUITA Norma Nahoun
MERCÉDÈS Yete Queiroz
DANCAÏRE Kaëlig Boché
REMENDADO Enguerrand de Hys
ZUNIGA Sévag Tachdjian
MORALÈS Aimery Lefevre

ACTE I

Sur une place à Séville.
Une troupe de soldats désœuvrés observe les passants en attendant la relève. Une jeune fille s’enquière auprès de l’un d’eux, Moralès, de la présence du brigadier Don José qu’elle recherche. Apprenant qu’il n’arrivera qu’avec la relève, elle décline l’invitation de Moralès à l’attendre en compagnie des soldats et s’éloigne.
A l’arrivée de la relève, dont fait partie Don José, un groupe de gamin imite la marche des soldats. Moralès informe José de la visite de la jeune fille, en qui ce dernier reconnaît Micaëla, une fille de son village.
Au son de la cloche qui marque la pause, les cigarières sortent de la manufacture des tabacs en aguichant les soldats. Mais tous attendent avec impatience l’une d’entre elles, la fascinante Carmen, qui sort enfin de la manufacture. A la question des soldats : « Quand nous aimeras-tu ? », elle répond par une chanson qui expose sa conception de l’amour : libre et imprévisible. A la fin de son air, elle lance la fleur de cassie qu’elle porte au corsage à Don José, qui est resté indifférent et à l’écart, mais se trouble à ce geste.
Les cigarières sorties, Micaëla s’approche de Don José. Elle lui apporte une lettre de sa mère restée au village, et, toujours de la part de celle-ci, un baiser. Resté seul, José lit la lettre de sa mère qui l’invite à revenir auprès d’elle et à prendre Micaëla pour épouse.
Une bagarre éclate soudainement dans la manufacture qui oblige les soldat à intervenir : Carmen aurait blessé une autre cigarière d’un coup de couteau. Aux questions de l’officier Zuniga, cette dernière répond en fredonnant un air. Zuniga décide donc de la faire mettre sous les verrous, et charge José de l’emmener jusqu’à la prison. Tandis que l’officier part rédiger l’ordre, Carmen entreprend de convaincre José de la laisser s’échapper, en lui avouant qu’elle pourrait bien être amoureuse de lui, et en l’invitant par une chanson à la rejoindre bientôt dans la taverne de son ami Lillas Pastia. De plus en plus subjugué par les charmes de Carmen, José finit par accepter. Lorsque Zuniga s’approche avec l’ordre d’incarcération, José se laisse bousculer par Carmen qui s’enfuit.

ACTE II

Un mois plus tard, dans la taverne de Lillas Pastia.
Carmen et deux de ses amies, Frasquita et Mercédès, dansent pour les clients, parmi lesquels Moralès et Zuniga. Ce dernier, très attiré par Carmen, lui apprend que José, qui a passé un mois en prison pour l’avoir laissée échapper, est libre depuis le jour même.
A l’extérieur de la taverne, un bruyant cortège annonce l’arrivée d’Escamillo, torero vainqueur des corridas de Grenade. A l’invitation et au toast de Zuniga, il répond par un air de bravoure qui célèbre le courage des toreros dans l’arène. Attiré par Carmen, il tente de la séduire, mais se fait éconduire. Lillas Pastia devant fermer sa taverne, tous sortent à l’exception de Carmen, Frasquita et Mercédès.
Ils sont rejoints par le Remendado et le Dancaïre, deux contrebandiers qui préparent un coup et ont besoin des filles pour faire diversion. Mais Carmen refuse de se joindre à eux pour cette fois, car elle attend son nouvel amant, dont elle est follement amoureuse. Au même instant, on entend au loin chantonner Don José qui arrive : c’est lui que Carmen attend. Le Dancaïre propose alors Carmen à tenter de l’enrôler dans leur groupe de contrebandier.
Don José arrive et trouve Carmen seule. Elle commence à danser amoureusement pour lui seul, mais le son de trompettes qui passent dans la rue l’interrompt : c’est la retraite, et José, toujours soldat, doit rentrer à la caserne. Vexée de cette obéissance docile de José qui lui préfère le règlement, Carmen le met au défi de rompre avec la vie militaire et de la suivre « là-bas dans la montagne » par amour pour elle.
Alors que José refuse et qu’elle le chasse, survient Zuniga qui cherche encore à séduire Carmen. Une bagarre est sur le point d’éclater entre les deux hommes lorsque le Remendado, le Dancaïre et des bohémiens se jettent sur Zuniga et le désarme. José n’a désormais plus d’autre choix que de partir avec les contrebandiers.

ACTE III

Une passe dans la montagne.
Les contrebandiers s’apprêtent à pénétrer dans la ville par une brèche ouverte dans les remparts. José est toujours parmi eux, mais ne cesse de regretter son honneur perdu. Sa jalousie et sa faiblesse le rendent de moins en moins supportable et attirant pour Carmen, dont l’amour commence à s’éteindre.
Tandis que le Dancaïre part en éclaireur, Carmen, Frasquita et Mercédès entreprennent de lire leur avenir dans les cartes. Une carte revient toujours dans le jeu de Carmen : la mort, la sienne d’abords, puis celle de José.
De retour, le Dancaïre leur apprend qu’un douanier est de garde à l’entrée de la brèche et qu’il va falloir le distraire, ce qui revient aux trois filles. Il confie à José, toujours rongé de jalousie, la garde des marchandises tandis que le reste de la troupe passe à l’action. José reste seul.
Micaëla, qui lutte contre sa peur, s’approche de la passe, où elle espère trouver José. Elle est cependant devancée par Escamillo, qui lui est à la recherche de Carmen, dont il est toujours épris. Il tombe sur José, et tous deux comprennent peu à peu à qui ils ont affaire. Une bagarre s’engage, interrompue par le retour de Carmen et des contrebandiers. Avant de se retirer, Escamillo invite Carmen aux prochaines corrida de Séville.
Alors que la troupe s’apprête à reprendre son chemin et qu’une nouvelle dispute éclate entre José et Carmen, Micaëla se fait voir et annonce à José que sa mère est mourante. Refusant d’abord de la suivre par jalousie envers Carmen, il finit cependant par céder et part avec Micaëla.

Acte IV
Devant les arènes de Séville.
La foule salue avec enthousiasme le cortège d’Escamillo qui entre dans l’arène pour la corrida. Escamillo déclare son amour à Carmen, qui lui répond par le sien. Frasquita et Mercédès mettent ensuite Carmen en garde : José est dans la foule et l’observe. Carmen décide de l’attendre et de l’affronter tandis que tous les autres entrent dans l’arène. Alors que José tente désespérément de faire revenir Carmen à son amour, cette dernière, inflexible, lui résiste et ne peut que répondre qu’elle ne l’aime plus. Alors que la foule dans l’arène crie aux exploits d’Escamillo, Carmen avoue à José que ce dernier est désormais son amant. José la supplie une dernière fois de le suivre. A bout, Carmen lui jette à la face une bague qu’il lui avait jadis offerte. Fou de douleur et de jalousie, José la poignarde sous les vivats qui résonnent dans l’arène, avant de se laisser arrêter. 

Carmen est un fantasme masculin. Elle est sexy et indépendante — et pour cela elle doit mourir : ce n’est, d’un point de vue masculin, que justice. Ou alors ? D’un point de vue féminin, l’émancipation est sans doute quelque chose de plus. Carmen est unidimensionnelle, égocentrique, et se comporte ni plus ni moins comme un macho. Les femmes veulent pourtant pouvoir être les deux : sauvages et libres, mais aussi fragiles et indécises. Près de 150 ans après la création de l’œuvre, le mythe appelle une nouvelle lecture. Loin des clichés folkloriques, il en va dans Carmen de l’image de la femme et de celle de l’homme. De ce que nous sommes, de ce que nous voulons être, ou plus précisément de ce que l’on attend de nous. Imaginons que nous ayons la possibilité d’assumer une seconde identité, ce qui à l’époque de l’internet va désormais de soi. Micaëla, l’autre femme insipide et effacée de l’histoire se réinvente en Carmen — et devient enfin visible aux regards des hommes. Don José, qui est lui aussi insatisfait de ce qu’il est, se crée une double vie en Escamillo. Les deux sexes se fourvoient alors l’un l’autre. Doit-on être égoïste et ne dépendre que de soi pour être être vu des autres ? Doit-on toujours plus âprement se façonner, s’optimiser, pour être aimé ? Et qu’arrivera-t-il si cet autre Moi plus parfait n’a pour finir plus rien à voir avec ma véritable personnalité ?

Florentine Klepper
Metteuse en scène

Médias

Timelapse du montage du décor de l’opéra Carmen à l’Opéra de Dijon