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La Finta Giardiniera MOZART Opéra

Du 9 au 11 avril 2014

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Présentation

Affiche La Finta Giardiniera

Distribution

La Finta Giardiniera
La Fausse Jardinière
Opera buffa en trois actes K. 196
Créé au Salvatortheater de Munich, le 13 janvier 1775

LIVRET Giuseppe Petrosellini
MUSIQUE Wolfgang Amadeus Mozart

LE CONCERT D’ASTRÉE

DIRECTION MUSICALE Emmanuelle Haïm
MISE EN SCÈNE David Lescot
SCÉNOGRAPHIE Alwyne de Dardel
CRÉATION COSTUMES Sylvette Dequest
CRÉATION LUMIÈRES Paul Beaureilles
CRÉATION MAQUILLAGE Mélanie Gerbeaux
ASSISTANAT À LA DIRECTION MUSICALE Atsushi Sakaï
ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE Maud Billen
ASSISTANAT À LA SCÉNOGRAPHIE Mélanie Morlighem
CHEF DE CHANT Philippe Grisvard
COACH DE LANGUE Marco Canepa

DON ANCHISE, LE PODESTAT Carlo Allemano
LA MARCHESA VIOLANTE ONESTI | SANDRINA Erin Morley
IL CONTINO BELFIORE Enea Scala
ARMINDA Marie-Adeline Henry
IL CAVALIERE RAMIRO Marie-Claude Chappuis
SERPETTA Maria-Virginia Savastano
ROBERTO (NARDO) Nikolay Borchev

FIGURANTS Dimitri La Sade-Dotti & Marcelo Rodrigues Rolim de Goes

RÉALISATION DES DÉCORS Espace & Cie, Opéra de Lille
RÉALISATION DES COSTUMES Atelier Caraco Canezou, Opéra de Lille
RÉALISATION DES ACCESSOIRES Michel Pasteau & Claire Landas
RÉALISATION DES PERRUQUES Mélanie Gerbeaux

PRODUCTION Opéra de Lille
COPRODUCTION Opéra de Dijon

Action antérieure à l’opéra

Dans un accès de folie, le comte Belfiore a tenté de tuer sa fiancée, la marquise Violante. Celle-ci, terrifiée, s’est enfuie. Elle a revêtu un humble déguisement de jardinière et se fait appeler Sandrina. Son valet Roberto l’accompagne sous un déguisement de jardinier et sous le nom de Nardo. Quant à Belfiore, il a recouvré la raison, mais il est persuadé d’avoir assassiné sa bien-aimée. Un an plus tard, il s’apprête à en épouser une autre…

ACTE 1

La propriété du podestat Don Anchise est un lieu des amours contrariées : le podestat fait une cour assidue à sa nouvelle jardinière, la belle Sandrina qui résiste à ses avances. Le cousin de celle-ci, Nardo, est pareillement éconduit par la servante Serpetta, qui se voyait épouser son podestat de patron avant que la jardinière ne vienne lui faire de l’ombre. Quant à Don Ramiro, ami du podestat, il se consume en vain pour une femme qui l’a abandonné, la fière Arminda. Or Ramiro ne sait pas qu’Arminda est la nièce du podestat et qu’elle doit venir dans le palais de son oncle pour y rencontrer son fiancé qu’elle n’a encore jamais vu, le comte Belfiore.

Capricieuse et prétentieuse, Arminda arrive avant son promis, lequel se montre assez imbu de lui-même. Les deux fiancés s’accordent cependant, Arminda enjoignant Belfiore à la constance. De son côté, Sandrina est en proie à la mélancolie. Lorsqu’Arminda lui annonce qu’elle va épouser le comte Belfiore, elle s’évanouit. Appelé à l’aide, Belfiore découvre en Sandrina la Violante qu’il avait agressée et il ne peut cacher son trouble. Quant à Ramiro, il est extrêmement surpris de réaliser que l’ingrate Arminda s’apprête à en épouser un autre. Stupeur générale : Sandrina nie être Violante, le podestat et Arminda sont dévorés par la jalousie, Serpetta se gausse de la situation.

ACTE 2

Don Ramiro reproche à Arminda de l’avoir abandonné. La jeune femme l’admet, mais n’exprime aucun regret. Lorsqu’elle revoit Belfiore, elle lui adresse des reproches qu’il tente de désamorcer en l’assurant de son amour. Mais c’est en vain : Arminda laisse éclater sa fureur. Serpetta conseille à Nardo, qui tente toujours de la séduire, de lui chanter un air galant, vif et brillant… ce qu’il s’empresse de faire. Belfiore se retrouve devant Sandrina qui lui raconte en détail la détresse de Violante… tout en faisant mine de ne pas être cette dernière. Déboussolé, Belfiore lui adresse une déclaration enamourée et s’apprête à lui baiser la main. Mais le podestat, qui a observé la scène, s’est substitué à la jardinière. Le comte s’étant esquivé, le podestat adresse des remontrances à Sandrina qui s’emploie à l’attendrir. Alors qu’Arminda demande à son oncle de hâter son mariage, Don Ramiro arrive, porteur d’une lettre d’importance : la magistrature de Milan ordonne l’arrestation du comte Belfiore accusé d’avoir assassiné la marquise Onesti.

Arminda est bouleversée, le podestat perplexe, et Ramiro se réjouit à la perspective de reconquérir Arminda. Belfiore est sommé par le podestat de répondre à l’accusation. Surgit alors Sandrina, qui le disculpe en révélant qu’elle est la marquise Violante Onesti. Stupéfaction générale. Resté seul avec elle, Belfiore veut l’embrasser, mais Sandrina lui dit qu’elle a menti pour le sauver. Détrompé une nouvelle fois, Belfiore en perd la raison. Arminda a fait emmener Sandrina dans la forêt voisine, afin de l’abandonner aux bêtes féroces. Parcourant ce lieu désolé, Sandrina / Violante appelle à l’aide, puis se réfugie dans une grotte. La nuit est tombée. Belfiore, le podestat, Serpetta et Nardo sont à la recherche de Sandrina, tandis qu’Arminda se doute que Belfiore est venu retrouver la belle. Dans l’obscurité, chacun croit avoir saisi la personne qu’il convoite, mais quand Ramiro arrive avec de la lumière, ils sont déçus : le podestat se trouve dans les bras de sa nièce, Belfiore dans ceux de Serpetta et Sandrina dans ceux de Nardo. Couverts de reproche par le podestat et Arminda, Sandrina et Belfiore perdent la raison.

ACTE 3

Alors qu’il tente de nouveau de séduire Serpetta, Nardo rencontre Belfiore et Sandrina qui, toujours en proie au délire, lui adressent des déclarations enflammées. Puis, croyant entendre un coup de tonnerre, ils s’enfuient. Le podestat se montre toujours résolu à épouser sa jardinière, et il s’emporte lorsqu’Arminda et Ramiro viennent lui demander de favoriser leurs propres desseins amoureux. Endormis, Sandrina et Belfiore se réveillent. Ils ont recouvré la raison et se reconnaissent, mais Sandrina ne veut pas renouer avec un ingrat. Pourtant, les prières de Belfiore finissent par vaincre sa résistance, et tous deux tombent dans les bras l’un de l’autre. Nardo vient annoncer la nouvelle aux autres personnages : Sandrina n’est autre que Violante, elle et Belfiore sont revenus à la raison et se sont mariés. D’abord interloqués, tous en prennent leur parti : Arminda accepte d’épouser Ramiro, Serpetta se fiance à Nardo alias Roberto. Le podestat unit les trois couples en jurant qu’il se mariera aussi dès qu’il aura trouvé une nouvelle jardinière !

David Lescot, metteur en scène

Le désordre libérateur du désir

C’EST UNE OEUVRE SUR LA NUIT QUI TOMBE.

Et ce qu’elle fait tomber à son tour : les masques, les inhibitions, les hiérarchies, les codes sociaux, tout le fragile empilement des règles et des lois qui nous régissent.

L’intrigue est compliquée, c’est la loi du genre. La marquise Onesti a été laissée pour morte par son amant le comte Belfiore lors d’une nuit d’amour qui a mal tourné. Animée d’un désir de vengeance — mais sait-on jamais ce qu’on désire ? — elle se lance à la recherche de son amant meurtrier.

Avec son serviteur Nardo, déguisé comme elle, elle taille comme elle peut les haies du podestat de quelque principauté où elle a atterri. On prépare les noces d’Arminda, la nièce du podestat, une jeune femme capricieuse et tyrannique. Lorsqu’arrive le fiancé, Sandrina la fausse jardinière reconnaît Belfiore, son amant maudit. Dans la propriété traîne aussi un dénommé Ramiro, souffrant d’un amour mal récompensé pour Arminda.

De son côté, le faux jardinier Nardo soupire pour la très insolente Serpetta, la servante du podestat, laquelle compte bien finir par épouser son patron afin de se faire une situation, tandis que lui n’a d’yeux que pour sa nouvelle jardinière. S’ensuit une série d’incalculables crises, troubles, approches, refus, reconnaissances, chantages, accusations, évanouissements, enlèvements, poursuites, endormissements, réveils, avant que chacun gagne sa chacune, sauf un puisqu’ils sont sept.

IL Y A LE JARDIN ET IL Y A LA FORÊT.

Dans le premier acte, la scène représente un patio, un lieu de passage où l’on entrepose provisoirement les plantes, fleurs, arbres, qui décoreront la salle de mariage. Cette nature mise en pots séjourne là un instant avant d’être emportée, remplacée par une autre, elle-même remplacée à son tour, ce qui permet de faire se succéder sur scène plusieurs jardins potentiels, impromptus, les uns miraculeusement harmonieux, les autres hasardeusement chaotiques, les uns épurés à l’extrême, les autres surchargés à l’excès. C’est la nature jardinée, domptée, achetée par l’argent du propriétaire, comme le sont les sentiments et les coeurs, dissimulés, fardés, contraints.

Dans les costumes, le blanc domine. C’est la couleur du mariage, mais c’est surtout comme si tous cherchaient à se blanchir de leurs fautes et de leurs mensonges.

Au milieu du deuxième acte, l’intrigue se transporte dans une forêt peuplée de bêtes féroces. En un instant la nature domestiquée du jardin fait place à une nature sauvage, inquiétante, nocturne. On se poursuit dans les bois, on se confond les uns les autres, les habits d’apparat sont traînés dans la boue, dans les flaques, les robes s’accrochent aux ronces, on en perd une partie, la peau, les corps apparaissent. Le finale de ce deuxième acte préfigure celui des Nozze di Figaro. C’est un chassé-croisé d’une incomparable virtuosité. La folie éclate, les sentiments se libèrent, l’amour vrai se hisse à la hauteur des fables mythologiques. On dirait une messe noire, une sarabande, une fête déchaînée, un Mariage des Fous célébré sous la lune.

Dans le dernier acte, la nuit continue au matin. On s’est endormi sur place (mais comme à la maison ce sont les domestiques qui se réveillent les premiers). C’est l’aube. Il n’y aura pas de mariage au château, plutôt une partie de sous-bois, un déjeuner sur l’herbe, une noce chez les petits bourgeons.

À l’époque de La Finta Giardiniera, Mozart a dix-huit ans, autant dire qu’il est déjà lui-même. S’il compose un opéra bouffe, si le tracé de l’intrigue est celui d’une comédie des erreurs, la musique se fait souvent bien plus profonde, pathétique (le désarroi amoureux de Ramiro) ou tragique (Sandrina perdue au fond des bois).

C’est comme si l’on voyait défiler toutes les associations sentimentales, la panoplie complète des rapports amoureux : la passion destructrice, la jalousie, les soupirs mal récompensés, le retour de flamme, le mariage d’intérêt, la trahison et la vengeance, l’attirance physique, la parade pour séduire, la mise à la torture, le chantage affectif, la domination, la soumission et la révolte, l’espoir insensé, l’inclination irrésistible.

Une nuit qui tombe donc, ou une folle journée si remplie qu’on y voit passer toute une vie.

Le podestat est amoureux. Il sent refleurir en lui ses vingt ans, il pense que c’est son printemps, alors que c’est son automne.

Mozart si jeune sait déjà tout de la vie. Il sait qu’elle est faite des contradictions les plus accentuées, des contrastes les plus violents, et qu’en un instant on passe d’un sentiment à son contraire.

Après l’air virtuose de la servante canaille (" Appena mi veddon ") le temps se suspend pour la cavatine délicate et élégiaque de Sandrina (" Geme la Tortorella "). À la violence dominatrice d’Arminda — Sade rôde dans les parages —, répond l’aria cristalline de Ramiro, trahi par son amante mais fidèle à ses serments (" Dolce d’amor compagna ").

Alors le temps s’interrompt, le soir descend, l’action s’arrête, et laisse place à un chant pur, à une sensation. Et puis de nouveau, après la grâce, l’agitation reprend. Et peu importe à l’arrivée que tout rentre ou non dans l’ordre : ce n’est rien du tout cet ordre. L’important c’est d’avoir senti passer, comme une tempête, le désordre sauvage, libérateur, incontrôlable du désir.

Médias

Photos du spectacle

Crédit photos : ©Frederic Lovino - Opéra de Lille

Photos des répétitions

Crédit photos : ©Frédéric Iovino - Opéra de Lille

Croquis

Crédit croquis : ©Alwyne de Dardel - Scénographe

Maquette

Crédit maquette : ©David Lescot - Metteur en scène