Revenir en haut de page

Le Palais enchanté Luigi Rossi Opéra

Partager par mail

Présentation

Distribution

NOUVELLE PRODUCTION DE L’OPÉRA DE DIJON

ENSEMBLE & ARTISTES EN RÉSIDENCE

CAPPELLA MEDITERRANEA
CHŒUR DE L’OPÉRA DE DIJON 
CHŒUR DE CHAMBRE DE NAMUR
DIRECTION MUSICALE Leonardo García Alarcón
ASSISTANTS À LA DIRECTION MUSICALE Rodrigo Calveyra et Fabián Schofrin
CHEF DE CHANT Jacopo Raffaele
CHEF DE CHŒUR Anass Ismat

MISE EN SCÈNE Fabrice Murgia
DÉCORS Vincent Lemaire
COSTUMES Clara Peluffo Valentini
VIDÉO Giacinto Caponio
LUMIÈRES Emily Brassier | Giacinto Caponio
ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE Filippo Ferraresi 

ORLANDO Victor Sicard
ANGELICA Arianna Vendittelli
RUGGIERO Fabio Trümpy 
BRADAMANTE | LA PEINTURE Deanna Breiwick 
ATLANTE Mark Milhofer
OLYMPIA | LA MUSIQUE Lucía Martín-Cartón 
MARFISA | LA MAGIE | DORALICE Mariana Flores
GIGANTE | SACRIPANTE | GRADASSO Grigory Soloviov 
PRASILDO | LE NAIN Kacper Szelążek
ALCESTE André Lacerda 
FERRAU | ASTOLFO Valerio Contaldo
FIORDILIGI | LA POÉSIE Gwendoline Blondeel
MANDRICARDO Alexander Miminoshvili
DANSEURS Joy Alpuerto Ritter, Zora Snake

CADREURS Johann Michalzcak & David Vong
COMÉDIENS Pascal Carbon, Adrien Philippon, Priscilla Bescond, Sarah Mussard, Emeline Losange, Juliette Tardif & Raphaël Mena

REALISATION DES COSTUMES Ateliers de l’Opéra national de Lorraine
REALISATION DES DECORS Ateliers de l’Opéra de Dijon & Eclectik Scéno pour la conception d’un élément du décor

ÉDITION DES PARTITIONS Cappella Mediterranea / Transcription Pascal Duc Révisions & édition pratique : Leonardo García Alarcón
CREATEUR DES SURTITRES Richard Neel

EN PARTENARIAT AVEC le Chœur de Chambre de Namur

COPRODUCTION Opéra de Dijon, Opéra national de Lorraine, Théâtre de Caen, Opéra Royal/Château de Versailles Spectacles

AVEC LE MÉCÉNAT DE la Banque Populaire Bourgogne-Franche-Comté

PROLOGUE
Peinture, Poésie et Musique se disputent leurs mérites. Peinture tarde à terminer les décors pour l’opéra à venir, lorsque survient la Magie, qui les élève en un clin d’oeil et choisit le sujet de l’opéra : Roger enfermé dans le palais d’Atlante, puis délivré par l’amante guerrière Bradamante, une illustration du thème : LOYAUTÉ ET VALEUR.

ACTE I
Le mage Atlante, protecteur du chevalier Roger, a imaginé un stratagème pour empêcher ce dernier d’aller vers le destin cruel qui l’attend s’il épouse son aimée Bradamante : le retenir dans un château magique et labyrinthique avec tous ceux qui passeront à sa portée et les retenir prisonniers dans une confusion totale.
C’est d’abord Roland qui arrive, à la poursuite de sa belle — mais vraie ou fausse ? — Angélique, qu’Atlante changé en géant enlève sous ses yeux. Bradamante et sa fidèle Marphise, la guerrière imperméable à l’amour, suivies des chevaliers Ferragus et Sacripant, qui poursuivent Angélique dont ils sont amoureux, sont à leur tour attirés dans le château.
Roger, qui peu auparavant a sauvé la vraie Angélique de l’Orque malfaisante, est en plein palabre — amoureux ? — avec elle au sujet d’un mystérieux anneau magique donné jadis à Roger par Bradamante mais appartenant en réalité à Angélique. Bradamante surprend la scène et suspecte immédiatement une tromperie amoureuse de Roger, qu’elle bat froid. Après le départ d’Angélique, ce dernier essaie de se justifier, en vain. La rupture semble consommée, au grand désespoir de Roger.
Tandis que les uns et les autres errent sans cesse dans le palais-labyrinthe, Mandricardo, à la recherche de Doralice, et Gradasso y sont attirés à leur tour, alors que de son côté Atlant y attire la jeune Olympia. Tous errent sans fin, Atlante s’employant par diverses apparitions sous diverses formes à semer une confusion plus grande encore.

ACTE II
Roger et Bradamante errent chacun de leur côté, l’un en proie au désespoir amoureux, l’autre à la jalousie et à la colère. Lorsqu’ils se trouvent enfin, c’est pour se fuir à nouveau.
De son côté, Angélique cherche un chevalier qui pourrait l’escorter jusque chez son père. Elle aborde d’abord Sacripant et lui en fait la demande. Ferragus survient alors, qui conteste à Sacripant l’honneur d’escorter Angélique, dont il est lui aussi amoureux. Un combat se prépare lorsque surgit un autre amoureux de la princesse : Roland, qui se mêle à son tour à la dispute. Angélique tente de les arrêter et leur propose de l’accompagner tous les trois. Roland, au contraire des deux autres, est prêt à accepter. Elle obtient cependant de leur faire déposer les armes : celui qui parviendra à la saisir lui servira d’escorte. Mais grâce à l’anneau magique, elle disparaît soudain à leurs yeux, les laissant l’entendre mais pas la voir.
Las d’errer et épuisé, Roger s’endort. Bradamante le trouve ainsi. Tentée de profiter de la situation pour l’assaillir et le tuer, elle se ravise, lui trouve des excuses, mais sa colère reprenant le dessus, elle cède à sa fureur et lève sur lui sa propre épée. Roger s’éveille à cet instant et la supplie de finir son geste, sa vie n’ayant plus aucun prix sans elle. Nouveaux arguments et nouvelle dispute à propos de la constance et de la fidélité de Roger. Ils se fuient à nouveau l’un l’autre.
Renonçant de son côté à séparer les trois chevaliers qui se battent pour elle, Angélique cherche à quitter le palais. Atlant l’encourage à différer son départ : elle y gagnera ainsi de rencontrer un bel amant. Pour achever de la convaincre, il fait apparaître devant elle l’image de ce dernier, pour lequel elle s’enflamme immédiatement. Un nain prévient alors son maître Atlant que deux jeunes filles tentent de fuir le palais puis lui demande l’autorisation de porter à Bradamante une lettre que lui a confié Roger. Atlant accepte par pitié pour la douleur de Roger. Puis il s’interpose face aux jeunes filles et les autorise à quitter les lieux à la seule condition qu’elles renoncent à aimer. Elles demandent alors un temps de réflexion…
Tandis qu’un nouveau chevalier, Astolphe, s’approche du palais, Bradamante, désespérée, cherche à le quitter. Le Nain lui apporte le message de Roger. Elle le déchire de rage, mais sur l’insistance du nain, se résout finalement à le lire. Elle ne peut plus en lire que des bribes dans lesquels Roger explique le don de l’anneau à Angélique par le devoir de la sauver de la mort. Elle se rassure, mais voyant arriver Angélique, décide de se cacher pour l’écouter.
Encore bouleversée de la vision de son futur amant, celle-ci s’avoue vaincue par l’amour. Bradamante se persuade qu’elle parle de Roger. Elle se découvre et lui fait croire qu’elle n’aime plus Roger pour sonder ses sentiments. Angélique arrive à la persuader que son amour n’est pas pour Roger et lui confirme les circonstances du don de l’anneau.
Inquiet de l’arrivée d’Astolphe, le plus sage des chevaliers, dans son palais, Atlant élabore une stratégie : chaque prisonnier verra en lui quelqu’un d’autre.
Astolphe entre dans le jardin et rencontre tour à tour tous ses occupants, chacun le prenant pour un autre. Il n’a finalement pas d’autre solution que de souffler dans son cor magique : tous s’enfuient épouvantés.

ACTE III
Roger et Bradamante se réconcilient après les confidences d’Angelique et cherchent à quitter le palais.
Atlant joue alors sa dernière carte : transformé en Roger, il sème la confusion entre les deux amants. Le vrai Roger lui propose un duel afin de prouver son identité. Atlant est vaincu et apparaît sous son vrai visage. A Roger, il dévoile qui il est et pourquoi il a agi ainsi, cherche à les convaincre en vain de rester au palais, et implore leur pitié. Il leur livre le secret pour détruire ses enchantements : en éteignant le feu qui brûle dans une urne au milieu du jardin. Il leur propose de l’accompagner dans cette tâche, tandis qu’il leur dévoilera leur avenir. Ce qu’ils entreprennent de faire tandis que les autres occupants cherchent à sortir de ce lieu « qui n’est pas fermé mais ne cesse de changer d’apparence. »
Devant tous, Atlant s’avoue vaincu par LOYAUTÉ ET VALEUR. A la demande de Roger et Bradamante, il fait disparaître les enchantements, le palais et libère tout le monde. Tous chantent les louanges de LOYAUTÉ ET VALEUR.

Le défi du Palazzo
Leonardo García Alarcón

L’opéra romain est un genre qui s’inscrit directement dans la tradition de l’opéra de Cour tel qu’il se pratiquait au début du XVIIe siècle avec L’Orfeo de Monteverdi, entre autres, à Mantoue. Un genre pour lequel, contrairement à l’opéra vénitien, les questions de rentabilité commerciale n’entraient pas en ligne de compte. Il tire en effet son financement et sa raison d’être du besoin qu’avaient les grandes familles aristocratiques de la Rome papale de briller, de faire montre de leur richesse, de leur splendeur et de leur attachement aux Arts et à la culture. Avec en ligne de mire, pour ces familles comme les Barberini, les Farnèse, les Médicis, l’ambition de produire un pape issu de leur lignée. C’est donc un genre fastueux dans lequel les moyens financiers sont importants. On fait appel aux meilleurs compositeurs, les plus en vogues, aux meilleurs librettistes – avec, dans le cas du Palazzo Incantato, le futur Pape Clément IX. Cela implique aussi le souci de produire des livrets plus édifiants, d’un registre plus noble, en s’inspirant par exemple de l’Histoire sacrée, de la mythologie, ou comme ici d’une œuvre majeure de la littérature poétique récente avec l’Orlando furioso de l’Arioste. Enfin, cela se traduit musicalement par l’emploi de choeurs massifs et l’usage d’un orchestre aux effectifs très larges pour l’époque, que l’on qualifierait aujourd’hui de symphoniques avec leur quarantaine de musiciens.

Dans ce contexte de création, l’importance d’une œuvre comme Il Palazzo Incantato de Luigi Rossi est capitale. Rossi revêt pour l’opéra romain la même importance que Cavalli pour l’opéra vénitien. Ils sont tous deux considérés comme les plus grands compositeurs de leur temps, et chacun représente en quelque sorte les deux styles lyriques de la péninsule, celui du nord avec Cavalli et celui du sud avec Rossi.

Il Palazzo Incantato, créé en 1641 au Palais Barberini, est à la fois le premier opéra de Rossi et une forme d’apothéose festive et extravagante d’un genre qui sera bientôt étouffé par le poids de la morale religieuse romaine. D’une certaine façon, Rossi y reprend le flambeau monteverdien de L’Orfeo de 1607 dans son invention et sa recherche d’un opéra où tous les arts et tous les moyens d’expressions existants sont mis au service d’un spectacle total. D’un point de vue stylistique, Rossi est l’un des premiers à introduire l’arioso dans ses récitatifs, générant ainsi un continuum mélodique ininterrompu. 

C’est aussi un compositeur qui développe à l’extrême toutes les techniques inventées par Monteverdi, que ce soit dans le traitement des instruments ou des choeurs, mais aussi dans la manière de jouer de la consonance et de la dissonance pour conduire les émotions de l’auditeur. Son influence sera essentielle non seulement pour le développement de la musique italienne, mais également pour celui de la musique française, chez Lully par exemple. 

J’ai découvert pour la première fois cette partition au Vatican en 1999, et elle n’a depuis cessé de m’obséder. Mais monter cet opéra représente un tel défi ! Du point de vue des effectifs, c’est sans doute la pièce la plus riche de tout le XVIIe siècle, ne serait-ce que par le nombre de solistes, par la présence de choeurs doubles, par la richesse de l’instrumentation à l’orchestre… Il n’y a aucun opéra comparable dans cette période. C’est d’ailleurs un défi pour le chef comme pour le metteur en scène, à qui il revient de donner un sens clair et lisible au foisonnement extraordinaire de ce livret qui se veut un vrai labyrinthe baroque pour l’esprit comme pour le coeur. Mais le défi premier reste avant tout de rendre justice à l’extraordinaire beauté de la musique de Rossi, véritablement l’un des plus grands compositeurs de l’Histoire.

 

Un portrait de la condition humaine
Fabrice Murgia

Le propos

Le Palais enchanté raconte la perdition et le croisement d’êtres et de couples aux desseins impossibles. Et au-delà des narrations croisées ou du scénario choral, c’est bel et bien le portrait d’une condition humaine unique et impossible qui transparaît, un paradoxe éloquent entre la petitesse de la créature humaine errante dans le palais ( représentation de l’univers ) et la grandiloquence de ses passions. 

Atlante 

Ce palais se transforme, se module, au gré des désirs du magicien Atlante, deus ex-machina maléfique de l’oeuvre, qui invite les protagonistes à y pénétrer afin qu’ils se perdent, s’entrecroisent, se cherchent et se combattent vainement dans cet espace étrange. La modification de l’architecture par Atlante est la manifestation du mal-être des individus qui l’habitent. Ils ne sont pas seulement des pions sur un échiquier, ils sont en premier lieu les victimes de leurs passions. Atlante ne fait que diriger leurs travers de mortels, il les laisse s’abandonner dans la folie. Pourtant, telles des marionnettes résistantes, les personnages se battent à différents niveaux pour revendiquer le droit d’aspirer à cette grandeur.

L’espace et la mise en scène

Ainsi, Le Palais enchanté invite à explorer la dimension du labyrinthe, largement exploitée dans le cinéma ou la peinture surréaliste, comme la matérialisation d’une quête vaine et cauchemardesque : la recherche d’un bonheur impossible. Dès lors, les notions de transdisciplinarité, de contemporanéité et le traitement grandiloquent assumées de cette production résonneront comme des éléments prioritaires dans ma mise en scène. Le plateau sera peuplé par une foule d’artistes, que nous mêlerons à différentes techniques cinématographiques, circassiennes, magiques… Nous rêvons d’un palais qui mixe les peuples, les époques et leurs univers culturels respectifs. Un palais qui s’écroule à mesure qu’il se transforme, un espace impossible, comme une machinerie théâtrale dont on aurait perdu le contrôle.

Chute

Atlante agira comme une drogue. L’irruption d’une réalité transfigurée qui s’accélérera jusqu’au vertige, et laissera le palais défait, jusqu’à le laisser disparaître, en pleine descente, vers un étrange retour à la normale. Alors les amants se réveilleront sans se souvenir distinctement de la traversée du cauchemar, nécessaire à l’équilibre trouvé. Les créatures magiques auront disparu. Le Palais aura disparu. Le plateau sera nu. En quelque sorte, Rossi laisse transparaître les conditions d’écriture de cet opéra. La production fut montée par les Barberini à l’aube du règne de leur oncle, le Pape Urbain viii, et à la veille de la prise du trône par Innocent x, issu de la famille rivale, bien déterminé à en finir avec les Barberini. Il Palazzo incantato aurait pu être le dernier des opéras. Et peu importe la véracité de cette crainte, Rossi et Rospigliosi l’écrivent comme tel… comme une occasion ultime de casser les codes du genre, en créant le projet le plus ambitieux, faisant intervenir des ballets, jeux de lumière et autres nouveautés avant-gardistes, comme le désir inassouvi de Rossi de laisser chanter une femme sur scène.

À noter également qu’il s’agit du premier opéra composé par Rossi, et on peut librement penser, vu son âge et son expérience antérieure, qu’il se sentait prêt pour l’opéra, qu’il avait attendu le moment de pouvoir donner enfin une forme à l’explosion paroxystique de son talent, en créant un spectacle total, monumental, inoubliable. Bien que la représentation fut un succès, elle fut marquée par l’échec de machines de scènes compliquées.

Médias

Le Palais enchanté | Luigi Rossi | Bande-annonce

« Le Palais enchanté » de Rossi, une création « confinée » | Les coulisses des répétitions