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Les Boréades Rameau Opéra

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Présentation

Distribution

SPECTACLE EN FRANÇAIS SURTITRÉ
NOUVELLE PRODUCTION DE L’OPÉRA DE DIJON

MUSIQUE Jean-Philippe Rameau
LIVRET Louis de Cahusac
ORCHESTRE ET CHŒUR DU CONCERT D’ASTRÉE
DIRECTION MUSICALE Emmanuelle Haïm

MISE EN SCÈNE Barrie Kosky
ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE David Merz
DÉCORS ET COSTUMES Katrin Lea Tag
LUMIÈRES Franck Évin
CHORÉGRAPHIE Otto Pichler
ASSISTANT DÉCORS Victor Labarthe d’Arnoux

ALPHISE Hélène Guilmette
SEMIRE, POLYMNIE, CUPIDON, NYMPHE Emmanuelle De Negri
ABARIS Mathias Vidal
BORÉE Christopher Purves
BORILÉE Yoann Dubruque
ADAMAS, APOLLON Edwin Crossley-Mercer
CALISIS Sébastien Droy

DANSEURS Chaky, Julie Dariosecq, Benjamin Dur, Anaëlle Echalier, Lazare Huet, Anna Konopska 

COPRODUCTION  
Opéra de Dijon
Komische Oper Berlin

ACTE I
Une forêt de Bactriane.
Alphise, reine de Bactriane, doit par décret divin épouser un descendant de Borée, dieu des vents. Deux princes, les Boréades Calissis et Borilée, se disputent ce privilège. Alphise confie cependant à sa suivante Sémire n’aimer ni l’un ni l’autre, mais Abaris, orphelin recueillis jadis par Adamas, grand prêtre d’Apollon, qui l’assure d’illustre ascendance. Pour lui, elle est prête à défier la volonté divine, à refuser les deux Boréades, et à renoncer au trône de Bactriane. Arrivent justement les deux frères Calissis et Borilée, qui la pressent de choisir. Une aimable troupe les accompagnent qui offre un divertissement. La Reine en appelle alors au dieu Apollon pour décider de son sort.

ACTE II
Le vestibule du temple d’Apollon, avec au fond l’autel.
Abaris est désespérément amoureux de la reine Alphise, dont il ignore les sentiments à son égard. Adamas, tout en l’observant, se remémore les circonstances dans lesquelles Apollon en personne lui a remis l’enfant, qui doit cependant tout ignorer de sa naissance, s’il n’est par lui-même digne du sang des dieux. Révélant sa présence à Abaris, et après que ce dernier lui ait avoué que son cœur brûle pour Alphise, il l’exhorte à l’action et à vaincre les obstacles qui s’opposent à son désir. Puis, convoquant les prêtres d’Apollon, il les place sous les ordres d’Abaris à qui il confie sa puissance. Arrive Alphise, venu consulter l’oracle du dieu. Elle leur confie un rêve dans lequel la Bactriane lui est apparu détruite par la fureur des vents. Sous le choc de cette vision, Abaris lui découvre ses sentiments pour elle. Alphise lui avoue son trouble et, à demi-mot, son amour. Après une célébration à la gloire d’Apollon et un divertissement dans lequel l’enlèvement de la muse Orithie préfigure la suite des évènements, le dieu Amour, descendu du ciel, déclare son soutien au sentiment d’Alphise - même si « le sang de Borée obtiendra la couronne » - et lui confie une flèche d’or.

ACTE III
Restée seule, Alphise est partagée entre les sombres pressentiments de son rêve et l’espoir apporté par Amour. Au désespoir d’Abaris, qui se sent impuissant face aux Boréades et serait prêt à renoncer sans combattre, elle répond par l’aveu de ses sentiments.
Peuples et Boréades s’assemblent pour entendre enfin la décision prise par la Reine quant à ses noces. Pressée une dernière fois par Adamas, elle annonce renoncer au trône pour épouser Abaris, auquel elle donne la flèche d’or apportée par Amour. Si le peuple approuve le choix de sa Reine, les Boréades sont fous de rage et en appellent à Borée, qui lance tous ses vents à l’assaut du pays et leur fait enlever Alphise.

ACTE IV
Alors que la tempête fait toujours rage et que le peuple gémit de terreur, Borilée triomphe de sa vengeance sur la reine.
Désespéré et abattu par le désastre et la disparition d’Alphise, Abaris est sur le point de se transpercer de la flèche d’or. Adamas lui enjoint de choisir entre vengeance et abandon d’Alphise et lui rappelle que cette arme pourrait servir à tout autre usage. A l’appel à l’aide d’Abaris à Apollon, répond la muse Polymnie qui lui adjoint pour secours Heures, Saisons et Zéphirs.

ACTE V
Au royaume de Borée
Borée, qui retient Alphise captive, ordonne à ses vents de retourner ravager la Bactriane. En vain : un charme retient les vents d’obéir, «  la voix d’un mortel [les] force au repos  ». A Alphise, il ordonne de choisir l’un de ses fils pour époux, mais celle-ci refuse encore et toujours, même soumise à la torture.
Arrive Abaris, qui d’un éclat de la flèche d’or réduit la puissance de Borée et ses fils à néant et les force à abandonner toute fureur.

Apollon apparaît alors, qui apprend à tous qu’Abaris est son fils, et par sa mère un descendant de Borée. Sans rompre désormais le décret divin, Alphise peut donc l’épouser. Tous fêtent la joie retrouvée, l’amour et le plaisir.

Lorsque nous avons décidé avec Emmanuelle Haïm de bâtir un cycle Rameau pour l’Opéra de Dijon, le titre Les Boréades s’est rapidement imposé comme un passage obligé pour faire découvrir tout le génie du compositeur dijonnais. Rarement donnée en France, il fallait trouver l’artiste à même de relever le défi que représente la mise en scène de cette grande tragédie lyrique. L’expérience de la production de Castor et Pollux en 2014, qui a vu la présentation pour la première fois en France du travail de Barrie Kosky, a permis la rencontre artistique et humaine entre le directeur de la Komische Oper de Berlin et Emmanuelle Haïm.

Fort de cette rencontre, c’est assez naturellement que nous décidâmes de présenter cet ouvrage aux premières dates communes disponibles entre les deux artistes, cinq ans plus tard, en mars 2019.

Programmer Les Boréades est un défi pour toute maison d’Opéra, de par les moyens artistiques demandés — ballet et chœurs fournis, solistes demandant des moyens vocaux exceptionnels, moyens scéniques propres à représenter tempêtes et vents, comme autant d’espaces de jeu. Nous décidâmes donc d’en faire la pierre angulaire de la saison 2018-2019, dès lors bâtie sur le thème de la liberté. Le deuxième acte ne permet-il pas d’affirmer « C’est la liberté qu’il faut que l’on aime, le bien suprême, c’est la liberté » ? Le mystère qui entoure la création de ce chef-d’œuvre et la vraisemblable censure par les Menus-Plaisirs du Roi — parce que cette œuvre constituait une véritable bombe contestant un à un tous les fondements de la monarchie absolue —, les audaces musicales de Rameau, mais aussi et surtout sa résonance avec les questionnements de notre temps et la certitude que cette production repose sur une relation artistique forte et partagée entre la directrice musicale et le metteur en scène, nous ont convaincu de présenter à nouveau cette œuvre, trop rare hélas sur les scènes lyriques européennes.

Le travail en coproduction avec le Komische Oper de Berlin permet non seulement de monter cet ouvrage à Dijon mais de s’assurer qu’il sera présenté dans un second temps à Berlin et sans doute dans d’autres capitales européennes.

LAURENT JOYEUX
Directeur général et artistique
de l’Opéra de Dijon

À propos de l’œuvre

Barrie Kosky est un être insaisissable qui aime aussi bien l’opéra romantique, la tragédie lyrique ou l’opérette berlinoise. Il réunit dans cette spirale géniale et virtuose, Les Perles de Cléopâtre d’Oscar Straus avec la Trilogie monteverdienne, le fracassant Ball im Savoy de Paul Abraham ou encore une Flûte littéralement "enchantée" qui rend hommage à l’art du cartoon et du film muet. Dynamiter les frontières, quoi de plus naturel pour un metteur en scène australien, petit-fils d’émigrants juifs installé en Allemagne ? L’opéra est pour lui l’occasion de faire converger en une focale unique toutes les formes d’art : musique, littérature, danse, lumières sans oublier l’Histoire ou la psychologie. Cette géniale et naïve confusion des genres fait de l’artificialité du théâtre lyrique une arme de dérision massive, sans pour autant faire de lui un "désinvolte". Pour preuve, Les Maîtres chanteurs de Nuremberg qu’il vient de monter au Festival de Bayreuth. Sa mise en scène en trompe l’œil met en parallèle le concours de chant avec le procès des responsables du Troisième Reich. Cette grinçante fable politique place le personnage de Wagner devant ses propres contradictions relativement à la question de l’antisémitisme. Barrie Kosky fait de la beauté vénéneuse de sa musique un enjeu à la fois politique et esthétique, avec une attention toute particulière donnée à l’espace scénique. Ses mises en scène dessinent un paysage psychologique dans un décor généralement de taille modeste, qui contraste avec la débauche et l’ultra précision des déplacements qui se jouent à l’intérieur. Sa version de Castor et Pollux avait subjugué le public de l’Opéra de Dijon en 2014, avec un espace contraint fait d’emboîtements et de lisières, qui soulignait la perspective littéralement sans issue des personnages. Prisonniers de leurs propres passions, les protagonistes luttaient dans cette forme de huis-clos tragique, dessinant en creux les arabesques désespérées d’un ballet baroque, tout en ombres portées et en figures fugitives. Avec Les Boréades de Rameau, Barrie Kosky fait le choix d’une œuvre emblématique qui marque le crépuscule du style baroque et l’émergence du débat contemporain qui définit la noblesse sous le feu croisé de l’appartenance à une lignée ou la caractéristique d’une vertu de l’âme.

DAVID VERDIER
Enseignant & critique musical

Médias

Interview de Barrie Kosky (mise en scène), Les Boréades à l’Opéra de Dijon

Interview de Hélène Guilmette, Alphise dans Les Boréades à l’Opéra de Dijon

Interview de Mathias Vidal, Abaris dans Les Boréades à l’Opéra de Dijon

Timelapse du montage du décor de l’opéra Les Boréades à l’Opéra de Dijon