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Little Nemo David CHAILLOU Opéra

Du 2 au 4 février 2017

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Présentation

Affiche Little Nemo

Distribution

Little Nemo
Opéra tout public en français, d’après la bande dessinée
Little Nemo in Slumberland de Winsor McCay (1905)
Créé au Théatre Graslin de Nantes, le 14 janvier 2017

LIVRET Olivier Balazuc et Arnaud Delalande, sur une histoire d’Arnaud Delalande
MUSIQUE David Chaillou

ENSEMBLE ARS NOVA
CHŒUR D’ANGERS NANTES OPÉRA

DIRECTION MUSICALE Philippe Nahon
MISE EN SCÈNE Olivier Balazuc
DÉCORS | COSTUMES Bruno de Lavenère
LUMIÈRES Laurent Castaingt
VIDÉO Étienne Guiol
SON Christophe Hauser
RÉALISATION EN INFORMATIQUE MUSICALE José Miguel Fernandez
ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE Rhym Aïda Amich
DIRECTION DU CHOEUR Xavier Ribes
CHEFS DE CHANT Hélène Peyrat & Frédéric Jouannais

NEMO ENFANT Chloé Briot
NEMO ADULTE | FLIP Richard Rittelmann
LA PRINCESSE | LA FÉE CRISTALETTE | STELLA Hadhoum Tunc
LE ROI MORPHÉE | LUNATRIX Bertrand Bontoux
LE GREFFIER | DOCTEUR PILULE | LE CHAMBELLAN Florian Cafiero
LE MÔME BONBON Cyril Rabbath
IMP LE SAUVAGE Vincent Clavaguera-Pratx

RÉALISATION DES DÉCORS, COSTUMES & MASQUES Ateliers d’Angers Nantes Opéra

COPRODUCTION Angers Nantes Opéra, Opéra de Dijon & Ars Nova Ensemble instrumental

Ce projet a bénéficié du soutien de l’association Beaumarchais - SACD et du Fonds d’Aide à la création lyrique.

PROLOGUE

New York. Nemo est un homme d’affaires sans scrupules qui rachète à bas prix les immeubles des quartiers populaires pour bâtir son empire : bureaux et boutiques de luxe. La mort subite de sa mère le ramène à sa maison d’enfance et à sa chambre, au milieu d’un quartier rasé.

ACTE I

Alors qu’il sombre dans le sommeil, Nemo voit surgir par la fenêtre le Môme Bonbon, messager du roi Morphée, qui lui demande de revenir immédiatement à Slumberland, le pays des rêves. Nemo a renoncé depuis longtemps aux sortilèges de l’imaginaire, mais Bonbon ne lui laisse pas le choix.

Encore faut-il que le greffier des rêves accepte de lui délivrer un ticket d’entrée. Il y a beau temps que Nemo n’est plus inscrit sur les registres et pour entrer, il faut chanter…

Il n’en est plus capable ! C’est alors que l’enfant qu’il fut un jour surgit des draps et prend sa place, pour s’envoler avec Bonbon sur « les ailes du chant ».

Victime d’un « trou dans l’air » avant d’avoir atteint le rêve profond, Nemo chute au milieu des marécages où il doit affronter des champignons géants puis des papillons hypnotiseurs. Il est sauvé par Imp, le sauvage, qui devient son ami.

Aux portes de Slumberland, le trio se retrouve nez à nez avec Flip, « marchand de sommeil et grossiste en tout genre », qui prétend bien connaître Nemo. Il veut racheter Slumberland pour en faire un gigantesque parc d’attractions.

Morphée et la princesse accueillent Nemo avec effusion, mais celle-ci lui reproche de l’avoir oubliée durant toutes ces années. Slumberland est en danger. Morphée a perdu la clé des songes, sans laquelle le carnaval des nations ne peut avoir lieu. Seul celui qui fut jadis le plus grand des rêveurs est à même de la retrouver et d’épouser la princesse.

Nemo accepte, mais où chercher la clé ? Il décide de se rendre sur la lune, lieu du rêve par excellence. Flip lui jure fidélité et s’embarque en dirigeable avec la petite troupe.

ACTE II

Arrivés sur la lune, Nemo et ses amis font la connaissance du docteur Pilule, qui fabrique les pilules anti-réveil pour les enfants du monde entier. Il les mène auprès du grand sage Lunatrix, qui s’apprête à rendre les oracles dans la mer de tranquilité.

Entre deux chansons enfantines, Lunatrix ne s’exprime que par énigmes. Nemo doit percer le sens de l’oracle pour trouver la clé… Malgré les « fuites de réalité » qui se multiplient, au risque de provoquer le réveil de Nemo, celui-ci comprend qu’il doit se rendre chez la fée Cristalette, gardienne des secrets. Imp sait comment trouver l’entrée de la caverne de cristal, située dans les entrailles de la lune.

Dans son palais de verre, la fée avoue avoir dérobé la clé pour éviter que celle-ci tombe en de mauvaises mains. Nemo ressuscite une à une les « paroles gelées » qui constellent le palais et voit palpiter la clé dans le coeur de Cristalette. Nemo est digne de la ramener à Slumberland. Alors que la quête semble toucher à sa fin, Flip révèle soudain son vrai visage et s’empare de la clé.

ACTE III

À Slumberland, tout est prêt pour l’ouverture du carnaval des nations, qui rassemble tous les représentants des nations chimériques. Malgré l’enthousiasme de son chambellan, Morphée n’a pas le coeur à la fête. Si Nemo ne revient pas, Slumberland disparaîtra.

Soudain, Flip fait irruption devant l’assemblée et se présente comme le porteur de la clé. La princesse a beau implorer son père, la loi est stricte : elle devra épouser celui qui ouvrira la serrure. Flip est persuadé d’avoir gagné la partie, mais il doit d’abord répondre à la question gravée en lettres d’or sous la serrure : « quelle est la véritable clé ? ». C’est alors que Nemo, accompagné des fidèles Imp et Bonbon entre à son tour.

Le complot est déjoué et le véritable porteur de la clé tente sa chance. Il a retrouvé le chant et la mémoire : la clé des songes, c’est lui ! La prophétie est accomplie et le mariage peut être célébré, en même temps que le carnaval. Mais Flip joue alors sa dernière carte.

Il est le neveu du Messager de l’aube, mortel ennemi de tous les rêveurs. Il ne lui reste plus qu’à frapper dans ses mains pour décréter le réveil général.

ÉPILOGUE

Nemo se réveille dans sa chambre et son corps d’adulte. Le jour est levé et les solliciteurs se pressent à l’extérieur pour reprendre la destruction du quartier. Une jeune fille fait irruption dans la chambre. Elle a les traits de la princesse. C’est la fille de la voisine que Nemo n’a plus revue depuis des années. Elle lui tend la clé des songes égarée dans les draps. Nemo comprend qu’avec celle qu’il aime, il s’agit désormais de rebâtir et de vivre sa vie comme un « rêve éveillé ». 

David Chaillou, compositeur

Une traversée des styles

J’avais depuis longtemps l’envie d’écrire un opéra à partir de cette bande dessinée qui, enfant, m’avait fasciné par sa fantaisie, son mystère et son riche univers graphique. Et même si le dessin et les bulles ne laissaient pas de place à la musique, j’ai toujours associé Little Nemo à des sons, des échos, des bruits incongrus qui accompagnaient le jeune héros endormi qui voyage dans son subconscient. Ce sont toutes ces sensations dont je me suis servi dans l’écriture de la musique, en mélangeant les genres, du savant au populaire, des mélodies aux climats plus abstraits ( motifs répétitifs et polyphoniques du prologue, variations modales, expressionnistes du rêve, en passant par des références au récitatif mozartien et à l’opéra bouffe, ainsi qu’à la musique électronique). Car à travers l’exploration du rêve, notre Little Nemo se double d’une initiation aux genres musicaux et aux possibilités d’expression si riches de l’opéra. J’aimerais qu’il y ait dans ma musique toute cette variété de sentiments et de couleurs, qu’elle passe dans un même mouvement du sérieux à l’humour, du rêve à l’action, que ce soit le rythme qui l’emporte, en un mot la vie.

 

OLIVIER BALAZUC, Metteur en scène & ARNAUD DELALANDE, Librettiste

Un opéra sur le ré-enchantement du monde Little Nemo, personnage créé par l’auteur américain Winsor McCay en 1905, est une légende connue dans le monde entier par tous les amateurs de bandes dessinées. Ses aventures furent publiées dans le New York Herald puis dans le New York American d’octobre 1905 à juillet 1914. Chaque nuit, lorsqu’il s’endort, Nemo n’a qu’un seul but : entrer dans Slumberland, le royaume des rêves, afin d’y rencontrer la princesse. L’univers visuel, surréaliste avant la lettre, s’inspire aussi bien de Gustave Doré que de l’esthétique de l’Art Nouveau. 
Considéré comme un chef-d’oeuvre fondateur et visionnaire, Nemo a donné lieu a une abondante postérité, dont des films, jeux vidéos, de nouvelles adaptations BD et même des timbres officiels des Etats-Unis, qui ont continué d’enrichir le mythe depuis un siècle… Comme Alice au pays des merveilles, Nemo est un conte initiatique, universel où se mêlent les questions de l’imaginaire, du rapport au monde et de l’identité. Cette formidable matière a nourri notre désir d’écrire un opéra. 
En tant que librettiste, Olivier Balazuc avait écrit L’Enfant et la Nuit ( musique de Franck Villard ), un opéra à destination du jeune public sur les terreurs nocturnes. Arnaud Delalande ( écrivain et scénariste de bandes dessinées ) et David Chaillou ( compositeur ) avaient collaboré pour Philomène et les ogres, un conte musical.
A partir des milliers de planches, entrées dans le domaine public, nous avons imaginé une histoire où Nemo, devenu adulte, a oublié les magies nocturnes de l’enfance. Homme désenchanté, il va devoir retrouver sa part d’enfance ( au sens propre, redevenir un enfant dans le rêve ), sans laquelle il ne saurait exister d’adulte épanoui.
Notre intention est, en actualisant la figure de Nemo, de proposer un opéra sur le réenchantement du monde. En effet, dans un contexte de réflexion critique ou de désarroi collectif, d’anomie et de recherche de sens, en quoi croyons-nous ? En quoi pouvons-nous croire ensemble ? Qu’avons-nous fait de notre faculté d’émerveillement ? Loin d’être une fuite ou un refuge, le monde des rêves ne serait-il pas le seul moyen de penser le monde ? De désirer notre réalité ?

Que signifie devenir adulte ?

Sacrifier le monde des rêves sur l’autel du réalisme, au risque de devenir cynique ? Ou bien tenter de donner corps et réalité à ses rêves en faisant de l’adulte un enfant accompli ? Tel est l’enjeu de Little Nemo. Faire dialoguer l’enfance et l’âge adulte au travers du personnage de Nemo, un homme devenu promoteur de destruction et de désespoir, contraint de rendre des comptes à l’enfant qu’il fut autrefois et de sauver Slumberland, le pays des rêves ; contraint de repasser par l’enfance pour achever une "bonne" version de l’adulte. 
Pour figurer ce combat intérieur, il nous a semblé essentiel d’incarner un dédoublement : Nemo adulte, qui s’endort et se réveille dans la chambre ; Nemo enfant, celui qui donne corps à la quête dans le rêve. Musicalement, la voix de l’enfant prend le relais de celle de l’adulte au moment de s’envoler vers Slumberland ; à la fin du parcours, la voix d’enfant se dissipe pour que l’adulte, en pleine conscience, reprenne pied dans le monde réel.
Par ailleurs, le rêve est l’occasion de travailler de l’intérieur les tensions entre les "intérêts" de l’adulte et les aspirations retrouvées de l’enfance. Le chanteur qui interprète Nemo adulte devient donc son double maléfique, le personnage de Flip, une caricature infantile du désir de possession et de pouvoir qui, sous couvert d’aider Nemo, ne cesse de vouloir récupérer à son profit la fameuse clé des songes et épouser la princesse. La volonté est de renverser les perspectives : démarrer le spectacle comme un "point de vue" adulte sur l’enfance, pour interroger ensuite l’adulte avec des yeux d’enfant.
Dans la mise en scène et la scénographie, nous avons voulu préserver l’esprit des origines de Nemo, c’est-à-dire le lien à la bande dessinée, sans chercher à produire un calque graphique. L’enjeu est plutôt d’ouvrir par le spectacle la troisième dimension que le dessin suggère. Cette troisième dimension serait justement celle du rêve, en opposition avec le monde plat et univoque de Nemo adulte. Ainsi, le prologue qui place Nemo dans l’univers déréalisé des cours de la bourse, se déroule en avant scène. Enfermé dans sa logique, il est le seul visible, au milieu d’un ballet de mains gantées de blanc, mimant les montagnes russes des pertes et des profits. Lorsqu’à la fin du prologue, il apprend la mort de sa mère, il rejoint la maison de son enfance, une chambre à la taille du plateau, plongée dans l’ombre, avec ses coins et ses recoins, coffre à jouets, armoire, livres… Et un lit minuscule au milieu. Sumberland s’anime à partir de cette chambre. La quête initiatique de Nemo se déploie comme un voyage à rebours de sa propre conscience. Elle pourrait aussi s’intituler "voyage autour de ma chambre". L’univers visuel de MacKay est bien pr.sent, mais sous forme d’empreintes, de citations ( jeux d’échelles, tension entre graphisme léché et baroquisme ). Une volonté de référence, non de révérence. Une rêverie du xxie siècle sur le songe visionnaire du xxe siècle naissant.
Et si le " rêve général" prôné par Nemo à l’épilogue consistait à nous réveiller enfin ? A reprendre notre imaginaire en main, non comme une valeur refuge, mais comme le moyen de conjurer les visions mortifères des marchands de désespoir, pour vivre notre vie comme "un rêve éveillé" ?

Médias

Timelapse du montage du décor de l’opéra Little Nemo à l’Opéra de Dijon

Photos du spectacle

Crédit photos : ©Jef Rabillon - Angers Nantes Opéra

Maquette

Crédit maquette : ©Bruno de Lavenère - Créateur des décors

Croquis

Crédit croquis : ©Bruno de Lavenère - Créateur des costumes