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Neues vom Tage HINDEMITH Opéra

Du 15 au 20 décembre 2009

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Présentation

Affiche Neues vom Tage

Distribution

Neues vom Tage
Nouvelles du jour
Lustige Oper en trois parties
Créé au Kroll Oper de Berlin, le 8 juin 1929

LIVRET Marcellus Schiffer
MUSIQUE Paul Hindemith

CHŒUR DE L’OPÉRA DE DIJON
ORCHESTRE DIJON-BOURGOGNE

DIRECTION MUSICALE Thomas Rösner
MISE EN SCÈNE Olivier Desbordes
DÉCORS Claude Stephan
COSTUMES Jean-Michel Angays
LUMIÈRES Joël Fabing
ASSISTANT À LA MISE EN SCÈNE Damien Lefèvre
CHEF DE CHŒUR Xavier Ribes
TRADUCTION DU LIVRET Hilla Heintz

LAURA Tatjana Gazdik
EDUARD Josef Wagner
DER SCHÖNE HERR HERRMANN Mark Milhofer
FRAU M. Theresa Kronthaler 
HERR M. Matthias Aeberhard
OBERKELLNER / MANAGER Raphaël Favre
MANAGER 2 Christophe Hudeley
HOTELDIRECTOR / MANAGER 4 Simon Jaunin
MANAGER 6 Bernard Henri Guizirian
ZIMMERMÄDCHEN Linda Durier
MANAGER 5 Guy-Etienne Giot
MANAGER 3 / STANDBEAMTER Ronan Nédélec

Décors construits par les ateliers de l’Opéra de Dijon

Partie I

Eduard et Laura, jeune couple célèbre, se sont mariés il y a peu de temps, mais ils se disputent presque quotidiennement. Hier encore ils ont eu une violente querelle et ils ont désormais décidé de divorcer. C’est alors que l’on vient leur rendre visite à l’improviste. Monsieur et Madame M. (Herr et Frau M.), des amis de fraîche date, reviennent justement de leur voyage de noces. Ils vont tout mettre en oeuvre pour réconcilier les jeunes mariés. Mais leur tentative se solde par un double échec : non seulement Eduard et Laura campent sur leurs positions, mais en plus Monsieur et Madame M. finissent par se disputer aussi et décident de divorcer également.

Au bureau de l’état-civil, on informe Monsieur et Madame M. qu’une dispute ne constitue pas un motif suffisant de divorce. Il faut qu’il y ait une raison valable. Mais la S.A.R.L. Bureau des Affaires Familiales peut, contre rémunération juteuse, leur fournir un motif de divorce. Le beau Monsieur Hermann, le chef de service, les aide bien volontiers et Monsieur et Madame M. sont bientôt d’heureux divorcés.

C’est au tour de Laura de se tourner vers M. Hermann pour l’aider à divorcer. Il lui donne rendez-vous au musée municipal. Arrive l’heure du rendez-vous, et le beau Monsieur Hermann fait appel à tous les ressorts de son art de la séduction pour étourdir Laura.

La manoeuvre bat son plein lorsque soudainement Eduard arrive. Il a eu vent du rendez-vous et accouru au musée sur le champ. Il a entre-temps pris conscience qu’en dépit de leurs disputes, il aime encore Laura. Lorsqu’il voit le motif de divorce fourni par Hermann, la jalousie s’empare de lui. Il se saisit, fou de rage, d’une célèbre statue de Vénus qui se trouve à proximité et la jette sur le sol, où elle se brise en mille morceaux. La police arrive sur les lieux et l’incarcère.

Partie II

Laura ne veut pas revenir dans l’appartement conjugal. Elle loue donc une chambre à l’Hôtel Savoy. Pour se détendre, elle prend confortablement un bain. Pendant ce temps, M. Hermann a appris où elle résidait désormais et entre tout à coup dans la salle de bains. Il lui clame son amour. De manière tout aussi inattendue, Madame M. fait son apparition et réclame la baignoire pour elle toute seule. Il en résulte un vacarme épouvantable qui provoque une émeute dans tout l’hôtel.

Partie III

Le scandale du couple Laura-Eduard fait la fortune des médias. Six managers ont eu vent de l’histoire et essaient d’en faire un succès commercial au théâtre, en spectacle comique et au cinéma. Le couple y discute de ses soucis les plus intimes devant un public très nombreux et fait ainsi fortune. Plus ils mènent cette activité, plus l’évidence s’impose à eux : ils sont faits l’un pour l’autre. À la vérité, ils ne veulent plus du tout se séparer, mais l’opinion publique les a étiquetés comme un couple en instance de divorce, et il faut bien qu’ils se laissent ranger dans cette case-là pour quelque temps encore.

Olivier Desbordes, metteur en scène

La réflexion sur le sens social de l’opéra pendant la période de Weimar est très riche musicalement et intellectuellement. Les créateurs et auteurs inventeront par opposition à l’opéra emphatique un opéra lié à la vie quotidienne. C’est ainsi que naîtra le concept d’opéra d’actualité développé par Krenek, Weill ou Hindemith.

C’est ce rapport aux faits de société qui m’attire dans cette littérature lyrique. Je l’avais déjà abordé lors de la création en France du Lac d’argent de Kurt Weill et Georges Kaiser, dernière création de ceux-ci avant l’avènement nazi. Leur point de vue était prémonitoire, politique et sombre. Dans Nouvelles du Jour, la vision est plus légère mais non moins sévère sur la société grâce notamment au livret de Marcellus Schiffer dont je monte parallèlement à ce projet la fameuse revue de cabaret berlinoise : Es liegt in der Luft (M. Spoliansky / M. Schiffer).

Toutes ces œuvres affichent le désir de mettre la musique et la forme opéra au service d’une vision critique de l’ordre social : intrusion de la presse dans la vie privée, star system, divorces tapageurs de vedettes, exploitation des paparazzis, vie fictive théâtralisée, voyeurisme du public…

Tous les sujets abordés par Hindemith résonnent étonnamment avec notre époque noyée dans la médiatisation de la vie privée. C’est donc une opportunité artistique de montrer cet ouvrage qui n’a jamais été créé en France.

La problématique du divorce impossible n’a plus lieu aujourd’hui. J’ai donc pensé situer la période de mon projet dans une époque un peu plus ancienne. La période dolce vita (Fellini) de ce boum d’après-guerre, avec ses débordements, me semble propice pour rapprocher les problématiques de l’œuvre de notre époque, tout en gardant les lignes de force du livret. Journalistes, vie privée, vie publique, les débuts de Brigitte Bardot confrontés à une société qui garde ses référents de pudibonderies, tout cela me semble résumer l’œuvre, qu’Hindemith a d’ailleurs retouchée en 1950.

Un univers de film cinémascope noir et blanc où se joue la confrontation entre l’ordre moral et la vie foisonnante des débuts de la société de consommation, c’est ainsi que j’ai pensé la mise en scène.

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