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Rigoletto VERDI Opéra

Du 8 au 14 janvier 2010

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Présentation

Affiche Rigoletto

Distribution

Rigoletto
Opéra en trois actes
Créé au Teatro La Fenice de Venise, le 11 mars 1851

LIVRET de Francesco Maria Piave, d’après Le Roi s’amuse de Victor Hugo
MUSIQUE Giuseppe Verdi 

CHŒUR DE L’OPÉRA DE DIJON
ORCHESTRE DIJON-BOURGOGNE

DIRECTION MUSICALE Roberto Rizzi Brignoli
MISE EN SCÈNE Yves Beaunesne
DÉCORS Damien Caille-Perret
COSTUMES Patrice Cauchetier
MAQUILLAGE Catherine Saint-Sever
LUMIÈRE Joël Hourbeigt
COLLABORATION ARTISTIQUE À LA MISE EN SCÈNE Jean Gaudin, Marie-Edith Le Cacheux
CHEF DE CHŒUR Noëlle Geny

LE DUC DE MANTOUE David Lomeli
LE DUC DE MANTOUE (14 janvier) Jean-François Borras
RIGOLETTO Stefano Antonucci
GILDA Stacey Tappan
SPARAFUCILE Ernesto Morillo-Hoyt
MADDALENA Jana Sýkorová
GIOVANNA Isabelle Vernet
MONTERONE Kristof Klorek
MARULLO Jeremy Carpenter
BORSA Paul Crémazy
LE COMTE DE CEPRANO Guy-Etienne Giot 
LA COMTESSE DE CEPRANO, UN PAGE DE LA DUCHESSE Linda Durier 

FIGURANTES Isabelle Hurtin, Anne-Gaëlle Jourdain, Emilie Lafranceschina, Juliette Pouchet

COPRODUCTION Opéra de Lille, Opéra de Dijon

Les décors ont été réalisés par l’atelier Espace et compagnie et adaptés par les ateliers de l’Opéra de Dijon

Acte I

Pendant le bal donné dans le palais ducal, le frivole duc de Mantoue décrit son amour pour toutes les jolies femmes, et son intérêt particulier pour une jeune fille inconnue qu’il a vue à l’église. Le duc continue de faire la cour à la comtesse Ceprano pendant que Marullo raconte à ses pairs courtisans que Rigoletto, le bouffon de la cour, a une maîtresse. Pendant ce temps, Rigoletto se moque cruellement du comte Ceprano pour son infortune, et le Comte jure de se venger. Le comte Monterone, dont la fille a été séduite par le Duc, interrompt la fête et réclame vengeance. Rigoletto ridiculise Monterone qui, père courroucé, maudit alors le bouffon terrifié. Ce soir-là, Rigoletto refuse les services que Sparafucile, un assassin professionnel, lui offre. Sa fille Gilda, la seule source de bonheur dans la vie de Rigoletto, le reçoit affectueusement alors qu’il entre dans la cour de sa maison. Gilda s’enquiert de l’histoire de la famille ; Rigoletto lui révèle seulement que sa mère est morte. Rigoletto ordonne à sa gouvernante, Giovanna, de surveiller Gilda de près, il ordonne à Gilda de ne jamais quitter la maison. Gilda ne l’avertit pas qu’elle est tombée amoureuse d’un homme qu’elle a vu à l’église et qui est en fait le duc travesti. Aussitôt que Rigoletto laisse Gilda seule, le duc, habillé en étudiant pauvre, lui déclare son amour. Après le départ du duc, Rigoletto rentre chez lui et découvre les courtisans du duc en train d’enlever Gilda, qu’ils croient être la nouvelle maîtresse du duc. Les courtisans font croire à Rigoletto qu’ils sont en train d’enlever la comtesse Ceprano, et le convainquent de tenir l’échelle les yeux bandés, aidant ainsi sans le savoir à l’enlèvement de sa fille adorée.

Acte II

Le duc est ravi d’apprendre que Gilda a été enlevée et il se précipite pour la retrouver dans sa chambre. Rigoletto entre, essayant de cacher son chagrin, et cherchant désespérément un indice qui le conduirait jusqu’à sa fille. Quand Rigoletto comprend ce qui est arrivé, il supplie sans succès les courtisans du duc de lui rendre sa fille. Gilda sort en courant de la chambre du duc et raconte les événements de la nuit à son père. Comme Rigoletto voit le comte Monterone allant en prison, il jure qu’il se vengera du duc.

Acte III

Rigoletto amène Gilda à l’auberge de Sparafucile pour qu’elle voie le duc en train de faire la cour à la soeur de l’assassin, Maddalena. L’amour de Gilda pour le duc est inébranlable et Rigoletto lui ordonne de retourner à la maison et de s’habiller en homme en vue de leur voyage à destination de Vérone. Gilda partie, Sparafucile rencontre Rigoletto à l’extérieur de l’auberge et ils conviennent que le duc doit être assassiné et que Rigoletto retournera chercher le corps à minuit. Quand Maddalena entend parler du meurtre imminent, elle essaie de convaincre le duc de quitter l’auberge, et quand il refuse, elle supplie son frère d’épargner la vie du duc. Sparafucile ne rompra pas son pacte avec Rigoletto, cependant il dit à sa soeur que si quelqu’un d’autre entre dans l’auberge cette nuit, ils tueront cette personne et la vie du duc sera épargnée. Pendant ce temps, Gilda est retournée à l’auberge. Surprenant la conversation de Maddalena et Sparafucile, elle décide de se sacrifier pour sauver le duc. Elle frappe à la porte et est rapidement assassinée et poussée dans un sac pour Rigoletto. Rigoletto ramasse le sac avec entrain. Alors qu’il rame au milieu de la rivière, se préparant à jeter le corps par-dessus bord, il entend le duc chantant au loin à l’auberge. Il déchire le sac et découvre sa fille mourante qui lui demande pardon. Pendant que Gilda agonise, Rigoletto se rappelle avec désespoir la malédiction de Monterone.

Yves Beaunesne, metteur en scène

Œuvre d’inspiration révolutionnaire, Rigoletto ouvre une voie nouvelle aussi bien sur le plan de la thématique littéraire que du point de vue de la construction dramatique et musicale, remettant en question les schémas hérités de la tradition italienne.

Verdi a sans doute puisé chez Lessing (Emila Galotti), Molière (L’École des femmes, Dom Juan), Madame de Staël (De l’Allemagne), Shakespeare (Le Roi Lear, Le Marchand de Venise) des éléments pour son opéra. Mais c’est dans Le Roi s’amuse de Victor Hugo qu’il trouve la source principale de son inspiration. Hugo avait vu sa pièce interdite au lendemain de la première représentation — qui fut, ce 22 novembre 1832, un échec complet — pour immoralité et lèsemonarchie. Verdi et son librettiste, Francesco Maria Piave, connaissent eux aussi de graves difficultés avec la censure et sont amenés à porter des modifications importantes à leur adaptation pour la faire accepter par le gouvernement militaire de Venise. Cela n’empêcha pas l’opéra de connaître un triomphe dès sa création en 1851. Ce qui fera dire à Michel Butor : « Le Roi s’amuse a trouvé sa véritable forme dans Rigoletto. »

Verdi, dès le départ, suit Victor Hugo quand il compose avec une sorte de plaisir diabolique un personnage-titre qui accumule tous les malheurs. Rigoletto est bouffon et condamné à faire rire et à rire de lui-même. Il est bossu, mais plutôt que d’attirer la compassion, sa bosse devient objet de plaisanterie et exclut davantage encore ce domestique d’origine populaire. Sa fille innocente, qu’il tient enfermée à l’écart des vicissitudes du monde, sera enlevée puis trompera sa confiance. Enfin, la malédiction qu’il se croit obligé de lancer pour complaire à son maître absolu se retournera contre lui à travers l’être qui lui est le plus cher. Le goût de l’abîme nous guette tous.

Mais Verdi développe le caractère tragico-comique de l’œuvre, insistant sur l’effet dévastateur du rire, apanage des puissants, quand il s’exerce à l’encontre des plus faibles et viole leur dignité humaine. La comédie est celle que le prince se donne, une comédie noire où toutes les fêtes tournent à la catastrophe et dont Rigoletto paiera le prix. Rigoletto est un domestique d’origine populaire qui travaille pour un pouvoir absolu. Et c’est ce pouvoir sans limite du duc qui portera la responsabilité majeure dans cette cruauté généralisée. Rigoletto, comme ces soldats qui ont fait la guerre à mains nues, est un prolétaire des batailles. Quant à la malédiction, Verdi n’a jamais oublié le curé des Roncole qui l’avait châtié pour sa distraction à la messe : il lui envoya, du haut de ses trois pommes, une malédiction qui se réalisa quelques années plus tard lorsque la foudre tua ledit curé… C’est donc un élément que Verdi investit de son apport proprement autobiographique.

Mais le point de rencontre gordien du tragique et du rire que seule la mort tranchera tourne autour de Gina, la fille de Rigoletto, qui, en le trompant puis en donnant sa virginité au duc, l’arrache à l’illusion amoureuse et le dresse soudain dans sa dimension régalienne, dans l’assomption tragique d’une solitude absolue. Reste une histoire œdipienne où la jeune fille s’émancipe du père et où le père dès lors se réveille — tragiquement comme dans toutes les évolutions tardives — à l’âge adulte.

Car les contes sont faits pour réveiller les adultes.

Une jeune fille, sans le savoir, marche sur la queue du tigre. Car en période de bouleversements, les grands hommes se changent en tigres, ils passent brusquement et radicalement d’un état à un autre. Leur souffle brûlant s’étend alors sur le monde, et sous le ciel est leur vent, qui soulève la jupe de la jeune fille. L’heure d’un combat des démons est arrivée, l’oie sauvage traverse la rivière et se dirige vers la falaise.

C’est le temps de la détresse.

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